Dossier

Les échecs en milieu scolaire : l’expérience Tiziouzéenne 
  Les échecs, sport cérébral par excellence, développent  un ensemble de qualités que peu d’autres sports  font : l’attention, la mémoire, le raisonnement logique, l’anticipation et l’imagination. Le plaisir du jeu et la stimulation intellectuelle, motivation scolaire par excellence, s’accompagnent aussi de qualités sociales. Et c’est de ce constat que les pays développés les intègrent progressivement  dans leurs écoles. La ligue des échecs de Tizi-Ouzou, consciente de tout ce que le roi des jeux peut apporter aux écoliers, a tracé une politique visant à introduire les échecs dans les écoles de la Wilaya. A l’occasion du 16 avril, journée nationale du savoir, nous tenons  à faire partager nos amis internautes notre expérience, aussi petite soit-elle, mais bel et bien instructive.

Lorsque le club de  l’Espérance Sportive de Tizi-ouzou a lancé son école de formation, il a puisé la majorité de son effectif dans trois écoles primaires : TAKOUCHT, LAIMECHE et HAMOUTENE. Cela a eu plusieurs effets : A la recréation, les élèves parlaient d’échecs et leurs camarades n’ayant pas encore découvert ce jeu, s’y sont intéressés, ce qui a fait augmenter le nombre de pratiquants. Aussi, la pratique des échecs a servi de moyen tant de récompense que de pression sur les joueurs. La participation aux compétitions étant tributaire des résultats scolaires, les échéphiles se sont stimulés à bien travailler à l’école pour bien réussir au club. En plus de ça, les joueurs pouvaient même jouer en dehors des horaires d’entrainement et c’est ainsi que leur niveau a bien progressé.

D’autres clubs ont suivi l’exemple de l’EST et ils ont obtenu de bons résultats tant sur le plan scolaire que sur le plan sportif.

Mais c’est durant la saison 2008/2009 que les échecs ont réellement «  envahi » les écoles, ou plutôt une école. L’arc en ciel, puisque c’est de cette école privée qu’il s’agit, a ouvert ses portes à l’Union Sportive de Kabylie. Une trentaine de joueurs, tous élèves de cette école, s’y entrainaient deux fois par semaine et participaient régulièrement aux compétitions de la ligue. S’agissant des conditions de travail, le club a acheté le matériel nécessaire et payé les entraineurs, le Directeur de l’école a mis à leur disposition une salle d’entrainement. Résultat des faits,  un joueur qualifié au nationau des jeunes et d’excellentes notes scolaires pour l’ensemble des joueurs.

Pour la saison actuelle, le  même défi a été relevé, mais par l’ESTizi-ouzou et l’école privée Ithri. Les bambins s’entrainent tous les samedis de 10h00 à 11h30 au niveau de leur établissement scolaire, et leur niveau tant scolaire qu’échiquéen, ne cesse de progresser.

 Il est aussi important de noter l’expérience que vivent les jeunes lycéens de Béni-Zemenzer qui ont créé eux-mêmes leur club d’échecs au  sein de leur lycée. Le Directeur de l’établissement  a mis une salle et du matériel à leur disposition et la ligue les dote des documents techniques et pédagogiques nécessaires à l'entrainement échiquéen.  En tout, ils sont une trentaine de jeunes férus de ce jeu et dont la volonté dépasse de loin les moyens qu’ils possèdent. Pour preuve, ils viennent d’arracher la troisième place au championnat de wilaya par équipes.

Nous tenons aussi à parler d’une énième aventure dans le monde du savoir, mais chez les universitaires cette fois-ci.  L’expérimenté BENNABI continue de travailler chaque soir dans son club d’échecs de la résidence universitaire HASNAOUA 1 ou les étudiants par dizaines, viennent jouer une partie ou deux, certains pour s’entrainer et évoluer, d’autres pour décompresser et se reposer.

D’autres clubs de la wilaya sont tentés par ces expériences, mais les responsables des établissements, répondent hélas! défavorablement. La ligue a entamé les démarches auprès de la Direction de l’éducation puis la fédération des sports scolaires, mais jusqu’à l’heure actuelle, notre doléance d’offrir à nos jeunes l’occasion de s’épanouir, n’a pas été satisfaite.